jeudi 17 novembre 2016

Oliver Twist


Oliver Twist (1838) est un feuilleton criminel d'une noirceur concentrée. Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l'Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens. L'apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim. On n'oubliera guère, après les avoir croisés, ni l'abominable Bumble ni le ténébreux Fagin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront Les Misérables de Victor Hugo. Créations de l'imaginaire ? Ombres portées des terreurs et des cauchemars de l'enfance ? Peut-être. Toujours est-il que les contemporains y virent le reflet de la réalité. "Il n'y a pas tant de différence entre ce noir tableau de l'enfance et le tableau de l'usine par Karl Marx", remarque d'ailleurs le philosophe Alain. Il faut s'en souvenir à chaque page en découvrant Les Aventures d'Oliver Twist.

Encore une lecture en anglais, et encore une excellente lecture, quoiqu’un peu longue. En effet, même si ce livre est d’une fluidité hallucinante (et je m’en aperçois alors même que je n’ai pas lu beaucoup de livre en anglais, c’est dire), il fait un certain nombre de pages et l’histoire n’est pas des plus joyeuses, ce qui en fait une lecture longue, mais très agréable tout de même.
L’histoire est passionnante et le personnage d’Oliver Twist est très attachant, faisant en sorte qu’il est plutôt difficile de lâcher ce roman une fois commencé. Les chapitres sont globalement entre court et moyen, aidant à une lecture plus rapide et agréable et, dans l’édition que j’ai, il y a quelques illustrations plutôt sympas à la mode du dix-neuvième siècle, ce qui donne une allure un peu à l’ancienne au roman qui n’est pas pour me déplaire et qui va à merveille avec le scénario qui se passe dans un autre temps. Nous y découvrons, avec Oliver, l’Angleterre du dix-neuvième siècle et notamment la partie noire de la vie, de la ville. Oliver tombe rapidement au plus bas de la société, chez les voleurs et il a beaucoup de mal à s’en défaire et avancer dans la lumière, même si ce n’est pas faute d’essayer.
Cependant, si nous suivons l’histoire d’Oliver et de sa survie, nous ne suivons pas toujours Oliver : à partir d’un certain moment, son destin va être pris en main par d’autres personnes et nous les suivons alors plus qu’Oliver, ce que j’ai moins apprécié. J’aurais préféré suivre un peu plus Oliver.
Ce fut malgré tout une excellente lecture et découverte de Charles Dickens, cela me donne envie de découvrir d’autres romans de cet auteur. 

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