lundi 22 août 2016

Imposteur

Rejetée par sa famille à cause de son don, Tessa est accueillie à bras ouverts par la Cellule des aptitudes extraordinaires, branche ultrasecrète du FBI qui recrute des jeunes doués de pouvoirs surnaturels. Après deux ans d'entrainement intense, elle maitrise enfin le sien : la métamorphose.
Mais les choses sérieuses commencent vraiment pour Tessa lorsqu'un tueur en série sème la terreur dans une paisible ville de l'Oregon. Pour confondre le meurtrier, elle va devoir prendre les traits de Madison, l'une des victimes, laissée pour morte. Dans le rôle de la brebis sans défense, Tessa attend que le loup vienne parachever son oeuvre macabre...
Si elle déteste cette imposture au quotidien, incarner Madison offre aussi des compensations, celles d'une vie normale que Tessa n'a jamais connue. Au-delà des faux semblants, des multiples suspects et du danger omniprésent, elle va découvrir l'amitié et une famille soudée. Mais comment se faire aimer pour soi quand on est dans la peau d'une autre ?


La couverture est superbe, le résumé alléchant, tout à l'extérieur donne envie et pourtant, une fois plongé à l'intérieur, c'est le drame. J'ai l'impression d'avoir été trahie par son aspect. Comme quoi , l'habit ne fait pas le moine. Ce roman est l'une de mes plus grandes déceptions et il est certain que je ne lirai pas la suite.
En soi, l'histoire a un thème intéressant qui m'avait beaucoup attiré : pouvons-nous être qui nous ne sommes pas. Je pensais que j'adorerais ce roman. Cependant, dès la première phrase, je suis retombée brutalement sur Terre : la narration est à la première personne et la narratrice est le personnage principal. Evidemment, comme beaucoup, l'auteur est tombée dans la facilité et cela a complètement loupé : impossible de se sentir investie, de ressentir ce que ressent le protagoniste. Difficile d'être moins proche de Tessa. Le style s'en fait cruellement ressentir : il est simple, oubliable même si fluide, mais sans la moindre description, que ce soit de l'environnement ou des sentiments. Comment sentir de la joie quand on a juste sous les yeux "je n'ai jamais été aussi heureuse" ? Nous aussi nous voulons ressentir cette joie, mais ce n'est pas juste avec cette phrase que nous pouvons l'être.
Comme le style oubliant l'importance des descriptions, l'histoire va trop vite, oubliant de développer son univers pourtant intéressant. Tout mériterait d'être exploité mais tout est laissé en surface. Dommage.
Plus subjectivement, je n'ai pas apprécié Tessa, elle m'est sortie par les yeux. A-t-elle vraiment eu un entrainement intense de deux ans ? Certes, elle maitrise son don, mais c'est tout. Après deux ans à s'entrainer dans une agence gouvernementale, elle ne sait pas se battre et doit apprendre en urgence (ou presque) avant son départ sur le terrain où il est clair qu'elle ne connait pas l'intérêt du débriefing ou même ce qu'il faut dire dedans. Elle m'a semblé lambda, pas une agent entrainée, et cela a beaucoup aidé à faire de ce roman une déception, surtout quand juste avant j'ai lu l'excellent Bodyguard de Chris Bradford (le protagoniste est certes un ado, mais il est aussi vraiment entrainé pour être garde du corps. Après plusieurs semaines, par exemple, il peut conduire une voiture dans une course poursuite. Ce personnage nous fait rêver que tout est possible quand on y met les moyens). Tessa ne fait pas rêver... Ni aucun des autres personnages d'ailleurs.
Le côté fleur bleue/naïve au possible de Tessa m'a soûlée et alors que je voulais en savoir plus sur la thématique du livre et son intrigue, l'auteur se penche sur une romance inintéressante et inutile. 
Pour conclure, tout reste en surface, tout est superficiel et oubliable, que ce soit l'histoire, les personnages ou le style. Une grosse déception pour ma part et, pour une fois, je déconseille un roman. (sauf si l'auteur a la bonne idée de le réécrire en développant tout et en changeant la narration _ c'est beau de rêver)

2 commentaires:

  1. Il avait l'air sympa mais ton avis me refroidit quelque peu :/

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    1. C'est rare, mais c'est l'un de ces quelques livres que je ne conseille pas (ils se comptent sur les doigts de la main), ce qui fait que, pour une fois, je ne suis pas si désolée que ça de refroidir quelqu'un pour une lecture ^^. Cette chronique est plus pour déconseiller un livre au final (la seule comme ça sur le blog soit dit en passant)

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