samedi 15 mars 2014

Le Moine


Chef-d’œuvre du roman gothique anglais, Le Moine (1796) met en scène la déchéance d’un capucin suprêmement vertueux, pris dans les rets d’une tentatrice diabolique. Péchés de la chair, magie noire, visions infernales, transgression, damnation : rédigé par un jeune homme de vingt ans à peine, ce récit sulfureux, où le fantastique se mêle à l’horreur et où le désir règne en maître, créa le scandale avant d’être érigé en objet de culte par des générations d’écrivains. On ne compte plus les romantiques qui, comme Hoffmann, Coleridge et Victor Hugo, s’en inspirèrent ; Charles Dickens alla jusqu’à acheter le manuscrit aux enchères ; André Breton en fit un modèle pour le surréalisme ; et Antonin Artaud, qui en proposa une réécriture libre, salua l’envoûtante « sorcellerie verbale » de Lewis : « Je continuerai à tenir pour une œuvre essentielle Le Moine, qui bouscule cette réalité à plein bras, qui traîne devant moi des sorciers, des apparitions et des larves, avec le naturel le plus parfait, et qui fait enfin du surnaturel une réalité comme les autres. »

Ce fut un livre vraiment sympathique à lire. On y suit des personnages intéressants dans une histoire surprenante, très sombre, mettant en avant le vice et le mal au sein même de la religion puisque c’est un moine qui fait tout ce mal.
En effet, comme l’indique le titre du livre, le protagoniste principal est un moine réputé pour sa vertu, qui est irréprochable, ce qui lui vaut d’être connu dans tout Madrid. De plus, il a l’immense talent de l’éloquence ce qui attire à lui de nombreuses personnes, les sermons qu’il donne notamment le jeudi sont très apprécié et réputé dans toute la ville. Ce n’est donc pas n’importe quel personnage que nous suivons là, mais presque une idole des foules. Tous le veulent comme confesseur. Un jour, une jeune demoiselle arrive avec sa tante en ville et voyant toute cette agitation devant l’église, décide d’y entrer. Elle va alors découvrir ce fameux moine et être impressionnée par son éloquence et rencontrer Lorenzo, un jeune homme qui s’éprend immédiatement d’elle. De son côté, le moine qui se nomme Ambrosio découvre qu’une nonne attend un enfant et qu’elle souhaite fuir le monastère avec son amant, qu’elle a donc nié ses vœux et sa supérieur promet au moine de la punir pour cela. Et enfin, Ambrosio découvre que l’un des novices de son monastère est une femme éprise de lui.
Une étrange aventure commence alors, avec Ambrosio au sein de toutes ces intrigues qui vont lui faire dévoiler son vice et son désir de la chair. Nous entrons rapidement dans le livre qui avance rapidement et le style de l’auteur est prenant, nous entraînant sans difficulté dans l’histoire. Cependant, jusqu’au milieu du roman, on ne voit pas assez le personnage principal, Ambrosio le moine ce qui fait que cela peut repousser un peu. En effet, nous suivons principalement au  début les pré-quels de l’aventure du moine et les personnages s’expliquent entre eux, comment ils en sont arrivé à là, ce qui peut paraître long et plus ou moins ennuyant selon les intrigues. Heureusement, une fois que cette partie où le moine apparaît trop peu est passée, tout s'enchaine très rapidement.
Ensuite, au niveau des personnages, il n’y a rien à dire sinon qu’ils sont tous (ou presque) des pervers. L’histoire est basée sur le vice et ce vice se voit dans le désir de la chair. Nous avons ainsi des descriptions très érotiques tout au long du roman et en même temps, c’est la base du livre et ce qui fait que l’histoire est l’histoire. Cela n’empêche pas d’avoir des protagonistes attachants tout au long du livre.
C’est ainsi un roman à lire tant l’histoire est prenante et intéressante, qui est bien écrit et dont les personnages sont attachants, mais dont le livre peut un peu repousser au début tant le moine est peu présent dans les intrigues qui sont pourtant toutes reliées.

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